Filage, les bases

Voici quelques notions de base pour bien débuter dans le filage de l'alpaga, ces conseils sont issus de ma propre expérience.

1. Les outils

  • Fuseau : c'est l'outil pour filer le plus abordable et facile à fabriquer soi-même. Beaucoup de fileurs commencent au fuseau, puis passent ensuite au rouet.
  • Rouet : peu importe qu'il soit à tension écossaise, irlandaise ou double-entraînement, tout type de rouet moderne convient pour filer l'alpaga.
  • Cardes à mains : permettent d'aérer les fibres et de les démêler, en formant un "rouleau". Les cardes à main spéciales pour le coton conviennent pour l'alpaga.
  • Cardeuse à rouleau : version plus élaborée des cardes à main, la cardeuse à rouleau permet de faire des "nappes", destinées au filage ou au feutre. Une cardeuse à rouleau avec un tapis d'aiguille très fin est nécessaire pour un bon cardage de l'alpaga.
  • Peignes : une variante pour la préparation de l'alpaga est de le peigner plutôt que de le carder. Les peignes double-rangs conviennent mieux que les simples-rangs car ils font un travail plus fin. Le peignage paralélise les fibres, ôte les recoupes et les fibres les plus courtes, ainsi que les débris végétaux. On obtient un "ruban-fil".
  • Autres accessoires utiles : mandrin (pour confectionner des écheveaux), cardinette (pour démêler les pointres feutrées et sales), diz (pour confectionner un ruban fil), bobinoir (pour mettre en pelote)...

2. Préparation :

Je conseille de commencer par laver la toison d'alpaga avant de la filer, même si cela peut paraître plus délicat que de laver les écheveaux finis. En effet, le lavage sera moins bien effectué sur les écheveaux, il restera davantage de terre qui risque d'user et d'abîmer les fibres. De plus, un écheveau d'alpaga blanc ne ressortira jamais blanc s'il a été filé avant d'être lavé. Enfin, une autre raison de commencer par laver la toison, est que cela préserve le matériel.

3. Cardage ou peignage :

En industrie comme en filage main, il existe deux cycles de transformation des fibres, le cycle "cardé" et le cycle "peigné". 

  1. Le cycle cardé : le fil obtenu est aéré, gonflant et doux, mais moyennement résistant à l'usure. On l'obtiens avec des cardes à main ou une cardeuse à rouleaux.
  2. Le cycle peigné : le fil obtenu est lisse et brillant, fin et résistant à l'usure mais moins doux. On l'obtiens avec une paire de peignes.

En fonction de la toison que l'on souhaite filer, on choisira l'une ou l'autre méthode. Le cardage convient mieux pour les fibres plus courtes (maximum 12/15 cm), tandis que le peignage convient davantage aux fibres longues (typiquement, l'alpaga suri).

Il est possible de filer directement la toison sans l'avoir cardée ou peignée avant, ou alors passer une cardinette sur les mèches pour simplement démêler les pointes, on obtiendra un fil à l'aspect plus "ébourriffé".

4. Filage :

Le filage est à adapter en fonction du cycle cardé ou peigné, pour conserver les propriétés de chaque procédé.

Il existe différentes manières de filer :

  1. Type "laine à carde" (ou woollen en anglais) : cette méthode laisse beaucoup d'air dans les fibres.
  2. Type "laine à peigne" (ou worsted en anglais) : c'est la manière de filer la plus répandue.
  3. Le filage dans le pli : pour les fibres les plus longues, ou pour obtenir un fil très fin.
  4. D'autres méthodes existent, qui sont généralement des variantes de type "laine à carde" ou "laine à peigne".

5. Autres étapes :

  • Le retors : bien que cette étape ne soit pas nécessaire, elle conditionne beaucoup l'aspect final du fil. Le retors consiste à "assembler" deux  ou plusieurs brins filés entr'eux, pour donner plus de solidité, de régularité et de douceur au fil.
  • La mise en écheveau : une fois le fil terminé (retordu ou non), on le met en écheveau (plutôt qu'en pelote), afin de pouvoir facilement le laver, et éventuellement le teindre. Je recommande de toujours laver les écheveaux avant de les utiliser, le lavage va "bloquer" la torsion du fil et lui donner un peu plus de gonflant.
 
Sandrine - http://tricofolk.info